Le taux URSSAF appliqué en première année d’auto-entreprise n’est pas différent des années suivantes, sauf si vous bénéficiez de l’ACRE. Ce dispositif réduit temporairement vos cotisations sociales, mais le calcul de base reste identique tout au long de votre activité. Voici les montants exacts à prévoir selon votre secteur.
Les taux URSSAF en première année d’auto-entreprise
En 2026, les taux de cotisations sociales varient selon la nature de votre activité. Ils s’appliquent directement sur le chiffre d’affaires encaissé, sans déduction de charges puisque le régime micro-social fonctionne sur un principe forfaitaire.
| Type d’activité | Taux standard | Taux avec ACRE |
|---|---|---|
| Vente de marchandises, restauration à emporter, logement | 12,3 % | 6,2 % |
| Prestations de services commerciales et artisanales (BIC) | 21,2 % | 10,6 % |
| Prestations de services relevant des BNC | 25,6 % | 13,1 % |
| Professions libérales affiliées à la CIPAV | 23,2 % | 11,6 % |
| Location de meublés de tourisme classés | 6 % | 3 % |
Avec l’ACRE : taux réduits de moitié
L’exonération partielle liée à l’ACRE divise quasiment par deux le montant de vos cotisations sociales pendant la période concernée. Pour une activité de vente, cela signifie payer 6,2 % au lieu de 12,3 %, ce qui allège considérablement la trésorerie de démarrage. Cette réduction s’applique automatiquement dès votre première déclaration si vous remplissez les conditions d’éligibilité.
Sans l’ACRE : taux standards
Si vous n’avez pas demandé l’ACRE ou que vous n’y êtes pas éligible, vous appliquez directement les taux pleins dès le premier mois d’activité. C’est notamment le cas si vous avez déjà bénéficié du dispositif dans les trois années précédentes pour une autre micro-entreprise. Les activités BNC ont d’ailleurs connu une hausse au 1er janvier 2026, passant de 24,6 % à 25,6 % dans le cadre d’une évolution progressive des cotisations sociales.
Exemple de calcul concret
Un consultant en BNC facture 4 000 € de chiffre d’affaires sur un mois. Sans ACRE, il doit 1 024 € de cotisations (25,6 %). Avec ACRE, la note tombe à 524 € (13,1 %), soit une économie de 500 € qui reste dans sa trésorerie pour investir ou se rémunérer.
L’ACRE : comment bénéficier de l’exonération partielle
L’ACRE (aide à la création ou à la reprise d’entreprise) s’obtient sous conditions liées à votre situation antérieure : demandeur d’emploi, bénéficiaire du RSA, jeune de moins de 26 ans ou personne en situation de handicap font partie des profils éligibles. La demande se fait au moment de la création de la micro-entreprise, directement sur le site du guichet unique ou via un formulaire dédié transmis à l’URSSAF.
La durée de l’exonération partielle dépend de votre date de création et de votre chiffre d’affaires réalisé. Une fois la période écoulée, vous basculez automatiquement sur les taux standards, sans démarche supplémentaire de votre part. Il est donc utile d’anticiper cette transition dans votre prévisionnel financier pour ne pas être surpris par la hausse des charges sociales.
Calculer vos cotisations URSSAF : mode d’emploi

Le calcul repose sur une règle simple : vous multipliez votre chiffre d’affaires encaissé par le taux correspondant à votre activité. Si vous exercez plusieurs activités relevant de catégories différentes (vente et prestations de services par exemple), vous devez ventiler votre chiffre d’affaires et appliquer le taux propre à chaque part lors de votre déclaration.
La déclaration se fait mensuellement ou trimestriellement selon l’option choisie à la création, via le site de l’URSSAF ou l’application dédiée. Un chiffre d’affaires nul implique une déclaration à zéro, mais elle reste obligatoire pour conserver vos droits et éviter les pénalités. Ce mécanisme déclaratif conditionne aussi l’acquisition de vos trimestres de retraite, qui dépendent directement du montant de revenus déclarés dans l’année.
Les autres contributions obligatoires (CFP et taxes consulaires)
Au-delà des cotisations sociales pures, chaque auto-entrepreneur s’acquitte de la contribution à la formation professionnelle. Cette CFP représente 0,1 % du chiffre d’affaires pour les activités commerciales, 0,2 % pour les prestations de services et les professions libérales, et 0,3 % pour les activités artisanales. Elle finance vos droits à la formation continue tout au long de votre parcours d’entrepreneur.
S’y ajoute, selon votre secteur, une taxe pour frais de chambre consulaire. Les activités commerciales relevant de la CCI paient un taux additionnel de 0,044 % à 0,015 % selon la nature exacte de l’activité, tandis que les activités artisanales rattachées à la CMA acquittent entre 0,29 % et 0,48 %. Ces taux s’ajoutent directement au taux de cotisation principal lors du calcul global.
Impôts et taxes de la première année

La première année d’activité ouvre droit à une exonération de CFE (cotisation foncière des entreprises), applicable automatiquement sans démarche particulière. À partir de la deuxième année, cette taxe locale devient due et varie selon la commune d’implantation de votre activité.
Sur le plan fiscal, vous pouvez opter pour le versement libératoire de l’impôt sur le revenu si votre revenu fiscal de référence respecte le plafond en vigueur. Ce mécanisme permet de régler l’impôt en même temps que les cotisations sociales, avec un taux fixe appliqué sur le chiffre d’affaires (1 % pour la vente, 1,7 % pour les services BIC, 2,2 % pour les BNC). En parallèle, la franchise en base de TVA vous dispense de facturer et de reverser la TVA tant que vous restez sous les plafonds fixés par activité, généralement autour de 37 500 € ou 85 000 € selon la nature de vos prestations.





